Saga des indépendances - Cameroun: les personnes handicapées

Selon la convention du du 3 mai 2008, relatives aux droits des personnes handicapées, est définie comme handicapée toute personne dans l’incapacité d’assurer par elle-même tout ou partie des nécessités d’une vie individuelle ou sociale normale, du fait d’une déficience physique ou mentale, congénitale ou non. Selon le rapports des nations unies, ces personnes sont plus de 47 millions dans le monde entier et représenteraient la plus large communauté minoritaire.



Photo Handicap International
Photo Handicap International
Les mesures prises pour la pleine intégration et l'épanouissement de la personne handicapée varient selon la situation géographique. En ce qui concerne le Cameroun, il reste encore un nombre considérable de domaines à améliorer pour que celle-ci retrouve sa dignité humaine intégrale.

Dans cette chronique, il est question d'observer l'évolution de la situation juridique et sociale de celle-ci depuis l'indépendance.

Lors de l'accession à indépendance, le Cameroun, comme beaucoup d'autres pays d'Afrique dans les années 1960, comptait en son sein un nombre non négligeable de lépreux, d'aveugles ou autres humains, avec des déficiences physiques et/ou morales. Ces déficits, avec le temps ne se sont pas estompés, de nos jours elles ont des sources diverses; congénitales, environnementales (pollution, maladies), accidents de voyages (par voiture, train, bateau, avion), accidents de travail, accidents ménagers (travaux champêtres, cuisine, etc.). Il faudra attendre la loi du 23 juillet 1983 qui statue sur la question des personnes handicapées; celle-ci sera révisée en novembre 1990.

Si la loi existe bel est bien, son application ou du moins son respect reste hypothétique.

Sur le plan des infrastructure, la loi stipule que la conception des plans architecturaux devrait prendre en compte les difficultés des personnes handicapées. Il reste pourtant alarmant de constater que nos immeubles, routes, ascenseurs, lorsqu'ils existent, ne prennent pas en compte cette minorité de la population pourtant sujets de droits. Il est parfois touchant de voir comment nos frères et sœurs malvoyants ou aveugles se démêlent dans la rue pour trouver leur chemin, on se demanderait de même comment les sourds-muets peuvent prendre part à des séminaires, conférences, etc.

Sur le plan de l'éducation, la loi prévoit que certains déficients mentaux et physiques suivent des cours spéciaux et autres formations spéciales afin d'être dotés des compétences qui leur permettront de mener une vie professionnelle normale. Mais où trouver ces formateurs spéciaux, ces programmes existent-ils? Combien sont-ils? Et combien coûtent-ils? Plus loin, nous constaterons que certains pays ont mis sur pied des programmes, mesures et institutions fortes pour la prise en charge effective et efficace de ces personnes lésées par mère nature, qu'en est il du pays de Talla André Marie? Existe t-il des mesures adéquates dans les ministères de tutelle, et si oui, les principaux intéressés sont-ils informés de celles-ci, sont-ils sensibilisés? La majeure partie de ces personnes est prise en charge par les familles, l'autre partie délaissée, s'adonne à de la mendicité sous toutes ses formes. Les actions les plus remarquées sont celles isolées des initiatives privées.

Sur le plan professionnel, lorsque la famille, les parents, ont pu offrir une éducation ou une formation à leur progéniture présentant un quelconque problème physique ou mental, l'accès à l'emploi reste équivoque en dépit de la loi et des conventions. Lorsqu'ils finissent par être embauchés, les sarcasmes, le mépris, le dédain dont certains font preuve à leur égard dans leur lieu de service sont une violence des plus atroces.

Sur le plan familial, il est de plus en plus évident que dans bon nombre de familles, les personnes handicapées sont laissées pour compte, ils ne reçoivent pas l'attention nécessaire encore moins des soins adéquats

La redistribution des bénéfices économiques est une autre paire de manches. Existe t-il un programme de bourses scolaires et/ou universitaires pour personnes handicapées? Un programme d'assistance médicale ? Des programmes de prise en charge? Quel traitement leur est réservé?

Au dessus de cette situation générale. La femme handicapée est sujette aux abus sexuels, au vols, aux manipulations. Une marginalisation sans précédent.

Mardi 19 Janvier 2010
Stephy

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